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6 minutes de lecture

Daniel Cohen, Professeur d'économie à l'Ecole Normale Supérieure (ENS)
Publié lundi 22 mars 2004 à 01:06.

Economie

Aux Etats-Unis, la création d'emplois patine. De quoi inquiéter les Américains. George Bush court le risque de se présenter devant ses électeurs avec un bilan négatif dans ce domaine, ce qui pourrait lui coûter sa réélection

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Daniel Cohen, Professeur d'économie à l'Ecole Normale Supérieure (ENS)
Publié lundi 22 mars 2004 à 01:06.

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Un spectre hante l'Amérique, celui d'une «jobless recovery», d'une croissance sans emplois. Alors que la récession est officiellement terminée depuis novembre 2001, l'emploi patine. Les chiffres de février ont semé la consternation: la création d'emplois s'est quasiment interrompue. Il est désormais à peu près acquis que George W. Bush devra se présenter devant les électeurs avec un bilan négatif en matière de création d'emplois. Le piège qui s'était refermé sur son père le menace à son tour.Adidas Chaussures Texture De Homme New Cuir Magasin dtoQrChBsx

«C'est l'économie, stupide!»: ce slogan que le chef de campagne de Bill Clinton avait affiché, en 1992, au-dessus de son bureau rappelait à ses coéquipiers où se trouvait la faiblesse de l'adversaire. «Le héros de la guerre du Golfe» a perdu les élections sur ses mécomptes financiers. Le même scénario menace Bush junior. Les Américains sont aujourd'hui deux fois plus nombreux à s'inquiéter de l'emploi qu'à s'intéresser à l'Irak. Les démons que les Américains croyaient avoir exorcisés viennent à nouveau les hanter: la fin du travail, le commerce appauvrissant…

Le déficit d'emploi, tout d'abord, est bel et bien pathologique. Ordinairement, un an après avoir touché le point bas du cycle, l'économie américaine renoue avec la croissance de l'emploi. La récession de 2001 a duré huit mois, à l'image des précédentes, mais, trois ans plus tard, l'emploi n'a toujours pas retrouvé le niveau antérieur à celle-ci.

D'anecdotique à l'origine, la question prend une ampleur grandissante à la veille des élections. L'économiste en chef de l'administration Bush, Greg Mankiw, connu pourtant pour ses talents pédagogiques (ses manuels d'économie se vendent à plusieurs millions d'exemplaires), a fait l'amère expérience de la susceptibilité de l'électeur américain en ce domaine.

Commentant l'exemple des radiologues américains qui envoient leurs clichés en Inde via Internet pour les faire expertiser par des médecins indiens, il voulait doctement expliquer que tout ce qui contribue à baisser les coûts de fabrication était une bonne chose pour l'économie américaine. Il a ce faisant mis le feu aux poudres. Immédiatement désavoué par le leader républicain de la Chambre des représentants, il est devenu la risée des candidats démocrates, qui en ont fait leur tête de Turc.

Licenciements «structurels»

Pourquoi cette «jobless recovery»? Une étude récente publiée par la Réserve fédérale de New York présente un ensemble intéressant d'hypothèses sur les causes de cette atonie de l'emploi (Has Structural Change Contributed to a Jobless Recovery? par Erica Groshen et Simon Potter). Habituellement, les secteurs (parfois même les firmes) qui licencient pendant la récession sont ceux-là mêmes qui embauchent immédiatement après.

Le gros des licenciements est «temporaire». Aujourd'hui, les firmes qui ont licencié pendant la crise ne montrent aucun signe de vouloir embaucher à nouveau. Les licenciements sont devenus «structurels» à plus de 80%, selon l'étude, et les emplois créés doivent l'être dans d'autres secteurs.

Une première explication de cette rupture est que les emplois détruits font suite aux excès de la bulle Internet. Dans l'informatique ou la finance, les emplois perdus ne reverront plus le jour. La seconde explication (non exclusive de la précédente) attribue cette reprise sans emploi au succès paradoxal d'Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed). Grâce à une politique de taux bas, l'immobilier a traversé la crise sans encombre, sans avoir à licencier, alors que, par le passé, c'était un secteur qui licenciait beaucoup pendant la crise et embauchait beaucoup ensuite.

La troisième explication est celle qui ravive les craintes millénaristes de la fin du travail. La croissance des gains de productivité se fait depuis trois ans à un rythme astronomique de 4% l'an. Ces gains, qui plus est, se font sans effort apparent.

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Peu d'heures supplémentaires sont demandées aux salariés, aucune augmentation notable du travail intérimaire n'est enregistrée, deux phénomènes qui se produiraient si les firmes voulaient faire face à la demande en évitant d'embaucher, du fait par exemple d'une incertitude nouvelle sur le climat des affaires.

A quoi tiennent ces gains de productivité? La première cause retenue est le commerce avec les pays pauvres, lequel détruit les emplois les moins productifs et laisse sans travail ceux qui les occupent. Les ressemblances avec l'élection de 1992 sont ici frappantes si l'on se souvient qu'elle avait été dominée par l'accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada.

Le milliardaire Ross Perot avait eu son heure de gloire, obtenant jusqu'à 20% des électeurs, pour avoir entendu un «giant sucking sound», le bruit d'un déglutissement effrayant: celui des emplois américains aspirés par les bas salaires mexicains. C'est l'ombre de la Chine et de l'Inde qui plane désormais sur le marché de l'emploi. L'idée selon laquelle le commerce avec la Chine détruit des emplois américains est pourtant fausse pour une raison tragique. La Chine vend des produits de consommation courante que l'Amérique ne fabrique plus depuis longtemps. C'est d'abord aux autres pays en voie de développement, Mexique en tête, que la Chine prend des emplois. Bien plus vive que l'axe Nord-Sud, la tension que fait naître le commerce mondial porte sur l'axe Sud-Sud.

S'agissant de l'Inde, le problème est plus complexe. On attend des pays pauvres qu'ils vendent des produits nécessitant des emplois non qualifiés. L'Inde faisant valoir ses informaticiens haut de gamme, les théoriciens du commerce international, Greg Mankiw en tête, en perdent leur latin.

L'Inde n'est en fait pas un pays pauvre comme les autres. C'est plusieurs pays en un seul. Le système des castes rend les classes supérieures plus proches de la Silicon Valley que du reste du pays, dont la moitié reste à ce jour analphabète. Profitant pourtant de la pauvreté ambiante, les informaticiens de Bangalore vivent mieux en Inde qu'aux Etats-Unis, malgré des salaires nominalement plus bas.

Révolution informatique

Cela étant dit, combien d'emplois sont concernés aujourd'hui? On compte au total 250 000 emplois dans les centres d'appels indiens qui répondent à distance. Dans le secteur informatique, on compte à ce jour 1 million d'emplois concernés seulement. L'accord de libre-échange avec le Mexique a d'ailleurs valeur d'exemple.

Un programme destiné à accompagner les travailleurs ayant subi les effets négatifs de l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena), le Transitional Adjustment Assistance Programme, n'a accueilli que 80 000 récipiendaires par an en moyenne, chiffre faible au regard des 130 millions de travailleurs américains. Au total, c'est en fait 0,5% des emplois américains qui sont détruits, chaque année, par le commerce international.

Si l'on exclut le rôle du commerce, reste une autre hypothèse pour expliquer la productivité du travail. L'économie continue d'engranger les effets positifs de la révolution informatique des années 1990. Malgré le formidable déficit budgétaire, l'offre potentielle reste supérieure à la demande solvable. Les perspectives de croissance, selon cette hypothèse, restent inchangées par rapport aux années 1990, mais elle tarde à se manifester faute de débouchés suffisants.

Telle est essentiellement la leçon retenue dans un discours récent par le vice-président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, ancien professeur d'économie célèbre pour ses travaux sur la grande crise des années 1930. Si cette hypothèse était la bonne, les conséquences seraient directes: un alourdissement du déficit budgétaire étant exclu, les taux d'intérêt doivent rester bas, et le dollar doit continuer de baisser. Avis aux Européens…

Avec ce scénario, la reprise de l'emploi aura bien lieu, mais plus tardivement que prévu. Trop tard peut-être pour que Bush junior puisse faire en sorte que le débat électoral porte sur le sujet dont il espérait qu'il le fasse réélire: celui de l'Amérique profonde, du patriotisme.

Les démocrates, dont le précédent candidat, Al Gore, n'avait su faire valoir les succès de l'administration Clinton en matière d'emplois, tiendraient leur revanche. Toute ressemblance avec la situation française serait évidemment fortuite.

Article paru dans l'édition du journal «Le Monde» du 16 mars 2004.

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